Comment choisir une huile essentielle

L’extraction des substances aromatiques est des plus délicates. Elle consiste à capter les produits les plus subtils et les plus fragiles du végétal sans en altérer la qualité et ceci en récupérant les essences prises au piège dans ces tissus spécialisés de la plante. En aromathérapie, les seules méthodes d’extraction admises sont l’expression mécanique (extraction des essences) et la distillation à la vapeur d’eau (extraction des huiles essentielles).

L’expression

L’expression est limitée aux zestes d’agrumes. Ce procédé consiste à briser mécaniquement les poches de zestes frais d’agrumes pour en recueillir les essences. Le produit obtenu n’est pas une huile essentielle mais une « essence », car aucune modification chimique liée à la vapeur n’a lieu. Ainsi, on doit parler d’essence de citron et non d’huile essentielle de citron, car elle n’a pas été distillée.

La distillation

La distillation est un procédé utilisant l’entraînement des substances aromatiques grâce à la vapeur d’eau. La plante à distiller, placée sur des plateaux, est mise dans un alambic en acier inoxydable. La vapeur produite par une chaudière à vapeur entraîne avec elle les essences aromatiques. Par la suite, les essences passent dans un serpentin réfrigérant où la condensation des vapeurs sépare dans l’essencier (ou vase florentin) l’eau des huiles essentielles (plus lourdes). L’huile essentielle flotte à la surface de l’eau de distillation de densité supérieure, c’est-à-dire l’hydrolat.

Pour obtenir un kilogramme d’huile essentielle, les poids moyens suivants sont nécessaires :

  • 3500 à 4000 kg de pétales (1 hectare de rosiers !) pour la rose de Damas.
  • 1000 kg de fleurs d’oranger pour le néroli.
  • 150 kg de sommités fleuries pour la lavande vraie.
  • 50 kg de sommités fleuries pour le lavandin grosso.
  • 6 à 7 kg des boutons floraux pour le clou de girofle.

 

Les critères de qualités d’une huile essentielle

La finalité des critères de qualité est de garantir l’authenticité de l’huile essentielle afin d’en assurer une utilisation sûre et efficace et pour être en mesure d’évaluer la qualité d’une huile essentielle, assurez-vous de retrouver sur l’étiquette les indications suivantes :

  • le genre et l’espèce botanique certifiés (en latin) ;
  • la partie de la plante distillée (fleurs, feuilles, racines, écorces, plante entière) ;
  • le chémotype et le pays d’origine.

Les huiles essentielles doivent provenir de plantes botaniquement certifiées par leur genre et leur espèce. Ceci évite les confusions qui entourent l’utilisation des noms usuels. Il est dangereux d’utiliser des huiles essentielles désignées par leurs noms communs. L’absence de ces informations ne peut plus être considérée comme une simple négligence. Elle suppose que l’huile essentielle n’est pas pure, et provient d’une espèce ou d’un mélange d’espèce botanique de moindre qualité. Par exemple, à l’intérieur d’un même genre – Eucalyptus – les principes actifs peuvent varier considérablement d’une espèce à l’autre. Ainsi, Eucalyptus globulus ou radiata est utile pour le traitement des voies respiratoires, alors que Eucalyptus citriodora convient mieux pour le traitement de l’arthrite.

Aussi chaque partie de la plante produit une huile essentielle aux propriétés différentes. Par exemple : Cinnamomum verum, la cannelle produit trois huiles essentielles distinctes :

  • Les racines : contiennent de la bornéone (camphre), un neurotoxique.
  • Les feuilles : contiennent de l’eugénol, un puissant anti-infectieux.
  • L’écorce : contient de l’aldhéhyde cinnamique, qui est aphrodisiaque.

Le chémotype est la signature de l’huile essentielle. L’ensoleillement, le climat, la composition du sol, l’altitude, le moment de la récolte sont tous des facteurs qui influenceront la même plante croissant dans des lieux différents. Pour différencier les huiles essentielles extraites de chacune de ces plantes, on utilise le terme de « chémotype », mot dérivé de chimiotype signifiant “type chimique”. Chaque chémotype possède des propriétés thérapeutiques distinctes.

Par exemple, selon l’endroit où il pousse, le romarin officinal (Rosmarinus officinalis) produit trois huiles essentielles au chémotype différent caractérisé par la présence de molécules dominantes :

  • Maroc : proportion plus élevée d’oxydes (1,8 cinéole) d’où une action prépondérante au niveau broncho-pulmonaire, expectorante.
  • Provence : riche en camphre (20-30 %), décontractant musculaire au niveau cardiaque, hépatotoxique selon la dose.
  • Corse : s’ajoutent deux molécules, l’acétate de bornyle et la verbénone qui agissent plus particulièrement au niveau hépatique et digestif. L’étiquette doit donc indiquer selon le cas :
  • Rosmarinus off. CT 1,8 cinéole
  • Rosmarinus off. CT camphre
  • Rosmarinus off. CT acétate de bornyle, verbénone

Les chémotypes représentent une réalité incontournable pour utiliser les huiles essentielles avec discernement et efficacité. À défaut d’en tenir compte, on risque des échecs qui peuvent mettre en péril la santé et la vie des utilisateurs. C’est bien souvent l’absence de cette information qui est à l’origine des erreurs connues dans le passé.


Précautions à respecter lors de l’emploi des huiles essentielles

  • Les huiles essentielles riches en composés phénoliques (girofle, origan, sarriette, thym thymol) ou en aldéhyde cinnamique (écorce de cannelle) sont très agressives. Elles ne doivent jamais, sauf en usage externe très localisé (ex : bouton, verrue) être utilisées à l’état pur. Pour éviter toute brûlure, elles doivent donc être suffisamment diluées dans un excipient approprié (huile, gel, etc.). Aussi, les huiles riches en phénols présentent une toxicité pour le foie si elles sont prises sur une longue période de temps à des doses importantes.
  • Toutes les huiles essentielles sans exception, ne doivent pas être appliquées pures sur les parties sensibles du corps (aires génitale et annale, yeux, oreille interne) sans avis compétent.
  • Les huiles essentielles cétoniques (armoise blanche, hysope, sauge officinale, thuya, lavande stoechade, romarin à camphre, etc.) doivent être réservées à l’usage externe. L’usage incontrôlé d’huiles essentielles cétoniques peut déclencher des convulsions, être épileptisant ou abortif.
  • En cas de terrain allergique (cutané et respiratoire) connu, faire preuve de grande prudence.
  • En cas de projection oculaire d’huiles essentielles, verser immédiatement de l’huile végétale dans l’œil pour diluer l’huile essentielle.
  • En cas d’ingestion accidentelle d’huile pure, prendre 3 à 4 c. à soupe d’huile végétale pour réduire l’irritation des muqueuses digestives et référez-vous à un centre antipoison.
  • Pendant la grossesse, utilisez les huiles essentielles avec prudence, notamment les huiles cétoniques.
  • Jamais d’huiles essentielles par voie interne avant l’âge de 3 ans.
  • Chez les enfants, les huiles essentielles doivent être d’autant plus diluées qu’ils seront jeunes. Les huiles essentielles à cétones et à phénols leur sont interdites.
  • Éviter de s’exposer au soleil durant la journée suivant l’utilisation des huiles essentielles photosensibilisantes (zeste d’agrume, bergamote)
  • Les huiles essentielles ne se dissolvent pas dans l’eau. Si vous en mettez dans un bain, elles flottent à la surface de l’eau et risquent de provoquer des irritations ou brûlures cutanées. Utilisez un excipient approprié.
  • Ne laissez pas de flacons d’huiles essentielles à la portée des enfants.
  • Ne jamais administrer d’huile essentielle par voie intraveineuse.

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