Opulentes récoltes et plaisirs gustatifs

Pendant toutes ces années de pratique j’ai participé à quelques projets herboristiques comme celui de la Coop des Fées-rient qui publiait, dans les années 2007-08, le journal Cyber-fées dans lequel je participais. Même si ces textes datent, ils sont encore d’actualités et présentent toujours une manne d’information pertinentes à ceux et celles qui veulent travailler leur jardin. Je vous représente donc ces textes (que je me garde de rafraîchir au besoin !) pour vous inspirer dans votre travail de jardinage.

Fin de la saison… mais la saison de quoi ?

Ici, le jardinage se poursuit et les récoltes occupent à plein, le temps consacré au merveilleux plaisir d’être jardiniers.

Gavés de légumes frais et après avoir fait plaisir au voisinage voilà qu’il reste encore une profusion de légumes. La corvée de mise en conservation est commencée (la corvée est bien douce lorsque le plaisir l’accompagne). Les fèves vertes et jaunes sont légèrement blanchies (2 minutes au maximum) et mises en sacs sous vide pour être congelées.

L’utilisation d’une machine pour faire le vide est d’un grand service et d’une efficacité non discutable, mais il est aussi possible de retirer l’air des sacs avec une paille et de bons poumons « aspirateurs » !

L’écossage des pois pour découvrir ces perles vertes qui seront tout juste trempées dans un bain d’eau bouillante et refroidies rapidement dans un bain d’eau froide pour être congelées… tout comme les fèves. Les courgettes sont tout simplement râpées et mises en sacs pour la congélation. Prévoir la quantité nécessaire pour la fabrication de gâteaux.

Les petits cornichons seront marinés dans un vinaigre assaisonné d’aneth pour les traditionnels « pickles » ou encore vieillis dans un mélange moitié vinaigre/moitié cassonade assaisonné de clous de girofle pour le petit cornichon sucré. Les rangs de betteraves sont éclaircis des spécimens de la grosseur d’un pruneau que l’on fait mariner dans un vinaigre aux graines de moutarde. L’opération donne, aux betteraves restées en terre, une chance de grossir ce qui est parfait pour la betterave de conservation en chambre froide.

La grande journée de la fabrication des herbes salées a eu lieu à la fin août. Celle-ci commence par la récolte des oignons et carottes, du persil et autres fines herbes (cette année, les herbes salées auront un arôme de cerfeuil, origan, ciboulette et thym). Il n’y manquait que le poireau et le céleri que j’ai acheté au marché du coin. Commence ensuite le travail en cuisine. Couper très finement le tout pour mélanger avec du gros sel. On laisse reposer dans un grand bol couvert au frigo pour 24 heures en brassant occasionnellement puis on met en petits pots que l’on conserve au frigo. Laisser vieillir quelque temps histoire que les arômes prennent toute la place. Pour les proportions : environ 1 tasse et demie de persil, une demi-tasse des autres herbes, trois tasses de carottes et poireaux (moitié-moitié), une demi-tasse de céleri et quatre oignons avec leurs tiges vertes mélangée à un trois quarts de tasse de gros sel.

Malgré le printemps froid et le peu de chaleur cet été, les tomates sont nombreuses, quoique tardives. Pour éviter le gel annoncé (mais qui n’est pas encore arrivé…Miss Météo s’est encore trompée !), les tomates sont maintenant installées dans la véranda (la salle de cours qui aura aussi une vocation de gardienne des récoltes) pour terminer leur mûrissement. Encore ici, la profusion nous permet d’en faire des réserves. Il y a quelques années, je mettais les tomates en conserve. Travail long et fastidieux qui donnait de bons résultats, mais qui accaparait un temps fou en plus d’exiger l’utilisation de la cuisinière plusieurs heures pour la stérilisation.

Minolta DSC

Maintenant, tout simplement, la tomate est mise entière dans le congélateur, préalablement mis dans des sacs à congélation. Pour utiliser celles-ci, vous sortez la quantité requise, vous passez sous l’eau chaude du robinet quelques secondes, la peau se détache comme par enchantement et vous déposez dans un plat pour décongeler. Vous incorporez alors la tomate entière ou coupée dans votre recette. Plaisir, simplicité et économie de moyens.

Côté jardin, tous les légumes racines et les tubercules (carottes, betteraves oignons, topinambours, pommes de terre, céleris-raves) sont encore en plein travail. Ils accumulent des sucres pour parfaire leur saveur. Ceux-ci seront récoltés au moment opportun pour être mis en chambre froide. Les quelques choux sauvés de l’envahisseur sont encore tout pleins de promesses et les choux de Bruxelles les accompagnent gaiement attendant le premier gel. Les courges sont magnifiques, elles colorent le jardin et elles me font penser aux joues pleines de réserves des tamias qui en passant ont dénudé le noisetier bien avant moi…tant mieux pour eux, leur hiver sera festif tout comme le mien ! Le plus gros potimarron est déjà un potage d’une grande douceur pour les papilles. Tout simplement mis en cubes et cuit dans un bouillon de poulet dans un grand chaudron dans lequel vous aurez préalablement fait sauter de l’oignon dans l’huile d’olive. Assaisonné de sel, de deux ou trois grains de cardamome et d’une bonne pincée de muscade. Mettre en purée. Ce potage se congèle bien.

capture

Dans un autre ordre d’idée, ne coupez pas les tiges d’armoise de votre jardin à l’automne. Laissez-les passer l’hiver et au printemps récoltez la plus grosse (de la grosseur du petit doigt au minimum) pour fabriquer un treillis pour pois mange-tout grimpant ou toute autre affaire qui demande un support (voir photo). De plus, les tiges peuvent être utilisées pour plus d’une saison. Effet assuré sur vos visiteurs qui s’interrogeront sur l’origine de votre treillis. Et si votre montage est bien fait, je vous assure qu’il vous faudra tout un vent pour détruire la chose !

La saison se termine ?

Non, la saison commence à récompenser toutes les promesses du printemps. Bonnes récoltes !

livre

Autre chose, pour ceux qui me connaissent, je peux difficilement diminuer ma consommation de livres même si je suis loin des librairies ! Et parfois j’ai le goût de vous en parler, surtout lorsque le livre en question est sublime. Légumes d’hier et d’aujourd’hui, de Marie-Pierre Arvy et François Gallouin aux Éditions Belin est une brique merveilleuse, en couleurs, pour le jardinier. Avec son lexique des termes agronomiques, botaniques et chimiques, vous en avez pour votre argent. La présentation d’une grande variété de légumes connus, rares, sauvages ou oubliés est inspirant pour un jardinier qui recherche l’originalité. Pour chaque légume, on présente ses origines, son historique, son étymologie, sa description, sa composition, ses utilisations culinaires et médicinales, sa culture, sa récolte et sa conservation. C’est complet. Évidemment, le livre étant européen, quelques informations au niveau de la culture sont à modifier pour nos climats, mais ceci reste un détail. Un investissement qui en vaut la peine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *